ISSN 0828-5403

Bulletin - Vol. 15, No. 2

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MEDIA REVIEW

Vietnam dissident says Chrétien soft: No backbone on human-rights violations

By ALEXANDER NORRIS, Montreal Gazette

-Tue. May 04, 1999

Vietnam's most prominent dissident criticized the Chrétien government yesterday for failing to take a tougher line on human-rights violations in his homeland.

Doan Viet Hoat, a former university vice-rector who spent 17 years in prison - four in solitary confinement - for his advocacy of economic and political reforms before being expelled from the country last year, said Ottawa's record in speaking out against abuses there compares unfavourably with Washington's.

"They're not strong on this," Hoat told The Gazette in an interview during a week-long visit to Montreal to address students and members of this city's 50,000-strong Vietnamese community.

"Perhaps it's because of pressure from business-type people. Perhaps Canada doesn't want to lose the market there. I don't know, but I don't think they're strong enough on human-rights issues."

That inactivity could turn out to be a big mistake, Hoat suggested, warning that popular frustration over repression and high-level corruption has reached "crisis" levels and now risks turning ugly.

"I'm afraid that if we don't pressure for political changes soon, the frustration is so high that we may have violence."

Hoat, 56, who was released from prison and deported to the United States last September, suggested Canada and other Western governments could have much more influence over Hanoi on the human-rights front if they chose to exert it.

"The Communist Party needs them and they're in a strong position to pressure for freedom and democracy," he said, arguing that aid and investment should be tied to concrete improvements on the human-rights front, including a lifting of restrictions on dissidents and the press.

Bitterness over high-level corruption has intensified with the disclosure that former Vietnamese Communist Party general secretary Do Muoi, now the party's top adviser, made a personal $1-million (U.S.) donation to a school in Vietnam, Hoat said.

"People wondered how he got the money, and he answered that a Korean company gave it to him. That's bribery, you know. And if he has $1 million, he may have some more... I don't think that big Canadian companies want to bribe to invest in Vietnam," Hoat added.

Even current prime minster Phan Van Khai has acknowledged Vietnam is in crisis over corruption and bureaucracy and has pledged to redouble efforts to fight it, Hoat noted. "But from my point of view, they cannot fight against corruption and bureaucracy without freedom of expression and freedom of the press."

Famous General

Hoat said disenchantment with the regime has even permeated the high levels of the Communist Party.

"Most of the dissidents now are Communist Party members." Among them, he said, is a famous general, Tran Do, who was in charge of political affairs for the Vietnamese army for many years and also oversaw cultural and ideological affairs for the party for a time.

Hoat took pains to stress that he does not oppose investment in Vietnam; he just wants it linked to "concrete improvements" in human rights and the transparency of government operations. "If we don't have those concrete results then I don't think that economic aid and trade will really benefit the people. It will only benefit the dictators."

A soft-spoken man, Hoat gave yesterday's interview in impeccable English - a language he managed to stay fluent in by talking to himself while in solitary confinement. "The officials there thought I was crazy because I talked to myself," he said with a chuckle. "I told them that if I didn't talk to myself, I would become crazy."

Doan Viet Hoat ou le journalisme emprisonné

By Bisson, Bruno, La Presse

Mardi le 4 mai, 1999

Le docteur en éducation Doan Viet Hoat n'a pas du tout l'air d'un homme qui vient de passer 20 des 22 dernières années en prison. On le devinerait plus à l'aise dans une bibliothèque, les yeux penchés sur des documents savants dans un silence concentré.

Et c'est sans doute à cela qu'il aurait consacré le plus clair de ses activités depuis 1976, si le gouvernement de la République socialiste du Vietnam ne l'avait pas fait mettre en prison; parce qu'il n'était pas d'accord avec lui, et parce qu'il a en plus osé l'écrire.

En septembre 1998, après des années de pression d'organismes à vocation humanitaire militant pour la liberté d'expression et les droits de la presse, le gouvernement vietnamien a finalement cédé et l'a libéré du camp ou il était détenu, pour lui indiquer aussi vite la porte de sortie du pays. Il est redevenu, à Washington, le chercheur universitaire qu'il était avant sa longue éclipse, mais il n'a pas passé l'éponge.

Visiblement, ces années de travaux forcés sont restées dans la gorge de cet homme sans âge, très digne, invité par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) à souligner sa demande d'adhésion à un réseau international d'échange d'informations sur la liberté d'expression (l'IFEX), qui regroupe 41 organisations non gouvernementales sur tous les continents, et qui ont à coeur la défense de la liberté de la presse. Et de ceux qui en font métier, les journalistes.

Hier, 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse telle que décrétée par l'ONU, le docteur Hoat profitait de ce passage à Montréal pour signaler que le 4 mars dernier, Nguyen Thanh Giang, un géologue de renommée, autre intellectuel estimé de son pays, a été emprisonné pour ses opinions. Parce qu'il a pris publiquement parti pour un officier de l'Armée -arrêté lui aussi, évidemment-qui dénonçait la corruption au sein du gouvernement vietnamien.

Ce genre d'événement n'est pas rare. On n'en saurait rien, ou si peu, sans l'intervention de réseaux d'alerte comme l'IFEX, une sorte d'Amnistie internationale du journalisme qui tente, avec de modestes moyens, et en utilisant la seule arme qu'il maîtrise, l'information, d'obtenir la libération de journalistes qui ont fait leur travail et dénoncer les meurtres dont sont victimes des dizaines d'autres.

En 1998, 28 journalistes ont été assassinés dans l'exercice de leurs fonctions, et 117 autres sont toujours emprisonnés, dans 25 pays. Dans 125 pays, les journalistes sont astreints à une forme ou une autre de censure politique.

C'est dans cette optique que la FPJQ a demandé son adhésion à l'IFEX. Elle se joint ainsi à un organisme fondé il y a sept ans et, paradoxalement, à Montréal même. Pourquoi avoir attendu sept ans pour se joindre à une bonne cause fondée ici? Sans doute un peu parce que les journalistes, au Québec, n'ont pas à avoir peur de se faire descendre dans la rue à cause de leurs reportages.

Pourtant, pas plus tard que l'an dernier, et pas plus loin que la banlieue de Vancouver, l'éditeur d'un hebdo sikh-canadien qui critiquait régulièrement les fondamentalistes religieux de la communauté sikhe, Tara Singh Hayer, a été abattu chez lui dans des circonstances pas encore éclaircies. Journaliste au Vancouver Sun, Kim Bolan, qui couvre cette même communauté, fait l'objet d'intimidation et de menaces de mort.

Ce sont des événements semblables qui interpellent l'IFEX. Ses 41 membres s'en font les porte-voix. Et d'une voix à l'autre, ils arrivent parfois à faire bouger des choses. Autrement, comment un homme comme le docteur Hoat aurait-il été libéré?...

 

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